Suzanne
Valadon (1865-1938) |
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Fille naturelle d’une blanchisseuse, Suzanne Valadon devint acrobate de cirque à quinze ans (1880), jusqu’à ce qu’une chute mette fin prématurément à cette activité. Dans le quartier de Montmartre où elle était établie avec sa mère, puis son fils naturel, le futur peintre Maurice Utrillo qu'elle eut à l'âge de 18 ans, elle eut la possibilité de s’initier à l’art. Son genre de beauté attira le regard des artistes et elle devint leur modèle, les observant en posant et apprenant ainsi leurs techniques. Elle fut le modèle de Pierre Puvis de Chavannes, Pierre-Auguste Renoir, Henri de Toulouse-Lautrec et Edgar Degas, et, nouant des relations avec certains. Habituée des bars “mal famés” de Montmartre où la bourgeoisie parisienne venait “s’encanailler”, Toulouse-Lautrec durant cette période fit d’elle un portrait célèbre, intitulé La Buveuse. Degas remarqua les lignes vives de ses dessins et peintures et encouragea ses efforts. Elle connut de son vivant le succès et réussit à se mettre à l’abri des difficultés financières de sa jeunesse, pourvoyant aux besoins de son fils, appelé à sa naissance Maurice Valadon, et qui ne prit que plus tard le nom de famille de son père présumé : Utrillo. (...)
Esprit libre, fantasque jusqu’à la bizarrerie, elle était connue pour porter un petit bouquet de carottes, avoir une chèvre dans son studio à seule fin de “manger ses mauvais dessins”, ou nourrir ses chats avec du caviar le vendredi (jour maigre, où l'Église préconise de s'abstenir de manger de la viande). Son mariage, en 1896, avec un agent de change, prit fin en 1909. Suzanne, alors âgée de 44 ans, délaissa son mari pour un peintre de 23 ans, André Utter, qu’elle épousa en 1914. Cette union, houleuse, devait durer près de trente ans. L’une de ses toiles les plus connues est Adam et Ève, où André Utter figure Adam et elle-même Ève. À la fin de sa vie, Suzanne Valadon se lia d'amitié avec le peintre Gazi le Tatar. Suzanne Valadon mourut le 7 avril 1938, entourée de ses amis peintres André Derain, Pablo Picasso et Georges Braque, et fut enterrée au cimetière parisien de Saint-Ouen. Ses œuvres sont conservées dans de nombreux musées, dont le musée national d'art moderne et le Centre Georges-Pompidou à Paris, le Metropolitan Museum of Art, New York, le Musée de Grenoble, le Musée des Beaux-Arts de Lyon. Document INA : à l'occasion d'une rétrospective, son médecin parle de Suzanne Valadon, le 28 juin 1959. |
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Suzanne Valadon, Portrait de Maurice
Utrillo, 1921, Huile sur toile, 65,5 x 52cm |
Suzanne Valadon, La femme à la contrebasse,
vers 1914-1915, Huile sur toile, 100 x 73 cm |